Donation de son vivant : ce que cela règle, ce que cela fige
Donner de son vivant permet d’anticiper une transmission, mais chaque donation reste encadrée par des règles fiscales et civiles qu’il faut connaître avant de signer.
Ce repère complète la page Transmission et succession.
Donner de son vivant est souvent présenté comme un moyen d’« alléger » une succession future. C’est vrai fiscalement, à certaines conditions ; c’est plus nuancé civilement, car une donation engage et se recalcule au décès.
Un abattement qui se renouvelle, mais pas n’importe quand
Une donation en ligne directe, d’un parent à un enfant, bénéficie d’un abattement de 100 000 € par parent et par enfant (code général des impôts, art. 779), renouvelable tous les 15 ans (art. 784). Passé ce délai, une nouvelle donation entre les mêmes personnes profite à nouveau de l’abattement complet. C’est ce délai qui fait qu’une donation « au bon moment » coûte parfois nettement moins qu’une donation précipitée.
Ce qu’aucune donation ne peut dépasser
La réserve héréditaire protège une part minimale des enfants (code civil, art. 912 et suivants) : la quotité disponible, la part qu’on peut librement donner, varie selon leur nombre, de la moitié du patrimoine avec un enfant au quart avec trois ou plus. Une donation qui dépasse cette quotité est réductible : les héritiers lésés peuvent en demander la réduction, mais seulement au décès du donateur, sur l’ensemble des donations faites de son vivant réunies fictivement à la succession.
Hors part ou en avance de part : la nuance qui évite les tensions
Une donation « hors part successorale » échappe au rapport à la succession ; une donation « en avance de part » y est réintégrée. Cette distinction juridique existe précisément pour traiter les questions d’équilibre entre héritiers, elle ne se règle pas en évitant toute donation, mais en la qualifiant correctement dès le départ.
Pour aller plus loin
Autres repères
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